Vos missions en quelques mots Sujet de thèse : Alors qu’un nombre croissant de personnes déplacées de force trouvent refuge dans les pays voisins de leur région d’origine, les villes du monde arabe, par leur position géographique, se retrouvent en première ligne de ses dynamiques. Aujourd’hui la dimension spatiale de ces présences, longtemps restée marginales dans les études sur les réfugiés est de plus en plus prise en compte. Mais l’espace est souvent traité comme le réceptacle des trajectoires migrantes plutôt qu’une dimension structurante des expériences d’installation, de négociation et de transformation urbaine. Cette recherche propose donc de partir de l’espace pour mieux saisir les pratiques d’ancrages, interrogeant ainsi ce que révèlent les transformations spatiales sur les recompositions sociales et les rapports de pouvoirs inscrits dans le bâti. L'échelle de l’unité résidentielle, propre au registre de l’intime et de l’espace domestique, pourtant centrale dans les vécus des migrant·es urbain·nes, sera un intérêt majeur de ce travail. Point d’entrée architectural de l’enquête, ce lieu constitue un espace souvent opaque depuis l'extérieur, permettant retraits, transformations et réaffectations des usages. Partir de cet intérieur permettra alors de faire apparaître des dynamiques peu visibles, entre subdivision des pièces, superposition des fonctions ou encore stratification verticale qui viennent questionner les positions sociales au sein d’un même immeuble. L’enjeu sera d’articuler l’échelle architecturale avec l’espace de la rue, le quartier et également la ville, de sorte à construire une lecture multiscalaire du processus de fabrication urbaine depuis ses marges, là où se matérialisent les tactiques d’ancrage de nombreuses communautés migrantes. A cela viendra s’ajouter l’idée que l’informalité constitue un mode de production plastique de l’espace, porteur de logiques sociales et politiques propres. Transposée dans des contextes urbains des Suds, elle constitue à la fois un cadre matériel d’accueil et le terrain d’expression d’un droit à la ville vécu exercé par des processus de transformation spatiale. Dans ce cadre, il s’agira de reconnaître les migrant·es comme acteur·ices de production urbaine et non comme des bénéficiaires passifs de l’aide, permettant ainsi de questionner l’approche de “gestion de crise” des politiques publiques vers une reconnaissance des savoirs migrants. Sur le plan méthodologique, le travail mobilisera des outils issus de l'architecture (relevés habités, dessins, cartographies sensibles) en plus des outils propres à l’anthropologie et la géographie. Ces méthodologies visuelles permettent aussi bien l’entrée en enquête par l’observation que la co-construction et la mise en relation avec les personnes concernées sur le terrain ainsi qu'une restitution alternative des résultats. La ville de Beyrouth, caractérisée par une histoire longue et stratifiée des présences migrantes (Palestinienne, Voir plus sur le site emploi.cnrs.fr Profil recherché Contraintes et risques : Le candidat·e recruté·e aura à effectuer des missions de terrain au Liban et/ou en Égypte. Ces missions devront se faire dans le respect des règles en la matière et sous réserve de l’accord du fonctionnaire défense sécurité du CNRS. Lors de ces missions, la personne recrutée sera accueillie soit au sein de l’IFPO à Beyrouth, soit au CEDEJ au Caire. Niveau d'études minimum requis Niveau Niveau 8 Doctorat/diplômes équivalents Spécialisation Formations générales Langues Français Seuil
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