Topic description
Cette thèse propose d'étudier le déploiement d'infrastructures solaires photovoltaïques sur les terres agricoles présenté comme une solution à l'usage concurrent des sols. En effet, face aux controverses environnementales que peuvent susciter les grandes centrales photovoltaïques (Gosse, ), la promesse de l'usage partagé de l'espace faîtes par les infrastructures agrivoltaïques est attrayante (Carausse et Arnauld de Sartre, ). Elle soulève néanmoins de fortes interrogations aussi bien sociales qu'économiques ou environnementales. Définie comme une « installation de production d'électricité (…) dont les modules sont situés sur une parcelle agricole où ils contribuent durablement à l'installation, au maintien ou au développement d'une production agricole » (Loi n°-), cette infrastructure énergétique engendre un espace « hybride » dans lequel se superposent les qualités socio-économiques et les caractéristiques écologiques de deux espaces initialement distincts. Ainsi, l'agrivoltaïsme engendre des espaces liminaux, caractérisés par un état d'« entre-deux », ni espace agricole, ni espace énergétique, mais co-produits par des techniques, des acteurs et des institutions relevant des deux mondes. Cette thèse de géographie vise à restituer la complexité et l'instabilité inhérente à un tel processus et à révéler les rapports de pouvoirs au cœur de cette transformation de l'espace agricole.
Pour conceptualiser les spatialités de l'agrivoltaïsme et les dynamiques sociales et environnementales qui structurent l'agrivoltaïsme, cette thèse propose de croiser les approches d'écologie politique et celles sciences des techniques (STS). En effet, l'écologie politique s'est historiquement intéressée à l'étude des espaces et acteurs du monde agricole en portant une attention particulière aux relations de pouvoirs et à leurs asymétries (Gautier et Benjaminsen, : Chartier et Rodary, : Robbins, ). Les STS ont, quant à elles, construit un important corpus d'analyse des infrastructures et réseaux électriques en insistant sur la nature sociale de leur matérialité (Gras, : Raineau, : Labuissière et Nadaï, : Patinaux, ). Les dialogues déjà ouvert entre les STS et géographie illustrent les pistes de réflexions fructueuses qui émergent d'un tel croisement (Labuissière, et al, : Fontaine, ). Appliquée à l'étude des dynamiques et des configurations spatiales de l'agrivoltaïsme, la combianison de ces approches permet de formuler trois objectifs de recherches :
1) Caractériser les controverses socio-environnementales permettant de mettre à jour les régimes de valeurs inhérent à la contestation du développement de l'agrivoltaïsme : Assemblage des ressources et espaces agrivoltaïques
2) Analyser les discours de promotion et de rejet de l'agrivoltaïsme ainsi que leur matérialisation sur différents territoires pour comprendre les relations de co-production de l'espace entre agriculture et énergie : Territorialiser l'agrivoltaïsme : échelles et dispositifs de gouvernement.
3) Cartographier les acteurs et les territoires pour identifier les différentes formes de pouvoirs qui se déploient sur des espaces agricoles et comprendre leur territorialisation : Inégalités et conflits au sein des paysages énergétiques.
Pour ce faire, la thèse investira trois terrains, dans une perspective comparative, dont un dans le Sud-Ouest de la France qui permettra de prendre la mesure historique du développement du solaire photovoltaïque et de l'agrivoltaïsme en France (Dupraz, : Carausse, ), un second dans l'Est où se dessinent des synergies entre agrivoltaïsme et d'autres énergies renouvelables comme l'éolien ou le biogaz, enfin un troisième terrain à l'étranger (Suisse ou Espagne) permettra d'offrir un contre-point sur les effets spécifiques des cadres législatifs français.
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This PhD project proposes to investigate the deployment of solar photovoltaic infrastructures on agricultural land, which are presented as a solution to competing land uses. Indeed, in response to the environmental controversies raised by large-scale photovoltaic plants (Gosse, ), the promise of shared land use offered by agrivoltaic infrastructures appears particularly attractive (Carausse and Arnauld de Sartre, ). However, it raises significant social, economic, and environmental questions. Defined as an “electricity production installation (…) whose modules are located on agricultural land where they contribute sustainably to the establishment, maintenance, or development of agricultural production” (Law No. -), this energy infrastructure produces a “hybrid” space in which the socio-economic qualities and ecological characteristics of two initially distinct spaces overlap. Agrivoltaics thus generate liminal spaces characterized by an in-between condition—neither purely agricultural nor purely energy spaces—but co-produced through techniques, actors, and institutions belonging to both domains. This geography PhD aims to capture the complexity and instability inherent in such processes and to reveal the power relations at the core of this transformation of agricultural space.
To conceptualize the spatialities of agrivoltaics and the social and environmental dynamics that structure them, this PhD proposes to combine approaches from political ecology and Science and Technology Studies (STS). Political ecology has historically focused on the study of agricultural spaces and actors, paying particular attention to power relations and their asymmetries (Gautier and Benjaminsen, ; Chartier and Rodary, ; Robbins, ). STS, for their part, have developed a substantial body of work analyzing infrastructures and electrical networks, emphasizing the social nature of their materiality (Gras, ; Raineau, ; Labussière and Nadaï, ; Patinaux, ). The dialogues already established between STS and geography illustrate the fruitful analytical pathways emerging from such interdisciplinary intersections (Labuissière et al., ; Fontaine, ). Applied to the study of agrivoltaic spatial dynamics and configurations, the combination of these approaches enables the formulation of three research objectives:
To characterize socio-environmental controversies in order to reveal the value regimes underlying contestation surrounding agrivoltaic development.
To analyze discourses promoting or opposing agrivoltaics and their materialization across different territories, in order to understand the co-production of space between agriculture and energy.
To map actors and territories to identify the various forms of power operating within agricultural spaces and to understand their processes of territorialization.
To achieve these objectives, the PhD will investigate three field sites from a comparative perspective. One site in South-West France will enable a historical assessment of the development of photovoltaic solar energy and agrivoltaics in France (Dupraz, ; Carausse, ). A second site in Eastern France will examine emerging synergies between agrivoltaics and other renewable energy sources such as wind power or biogas. Finally, a third international site (Switzerland or Spain) will provide a comparative perspective on the specific effects of French legislative frameworks.
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Début de la thèse : 01/10/
Funding category
Public funding alone (i.e. government, region, European, international organization research grant)
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