La mérule pleureuse (Serpula lacrymans) est un champignon lignivore qui s’attaque aux boiseries et peut fragiliser la structure des bâtiments. Très présente dans les régions humides comme la Normandie, elle constitue un risque majeur pour le patrimoine bâti, notamment ancien.
Aujourd’hui, son diagnostic repose souvent sur des méthodes destructives (ouverture de murs/planchers), coûteuses et invasives. Par ailleurs, il reste difficile de déterminer si la mérule est active, éliminée ou en dormance (latente), avec un risque de réapparition en cas d’humidité.
Ce projet de thèse vise à développer des méthodes innovantes, rapides et non destructives pour détecter la mérule dans les matériaux (bois, maçonnerie) et évaluer son état biologique. Il s’appuie sur l’adaptation de techniques issues d’autres domaines (spectroscopie Raman, infrarouge, ultrasons).
L’objectif est d’améliorer la fiabilité des diagnostics, de limiter les démolitions inutiles et de mieux cibler les traitements, au bénéfice des professionnels et de la préservation du patrimoine.
Le projet s’articule autour de trois axes :
Axe 1 : Constitution de corpus et caractérisation
Échantillons issus de sites infestés/traités (base ICM) et de laboratoire (mérule active, morte, latente).
Analyses microbiologiques (culture, qPCR, enzymologie) et physico-chimiques (ATG, FTIR, DRX).
Identification de biomarqueurs liés à l’activité ou à la dormance.
Axe 2 : Développement des méthodes de détection
Mise en œuvre des techniques (Raman, IR, ultrasons) sur matériaux reconstitués.
Constitution de bases de données spectrales et acoustiques.
Développement de modèles de classification pour détecter et qualifier l’état de la mérule.
Axe 3 : Validation et transfert
Tests sur sites réels (LRMH, CSTB).
Comparaison aux diagnostics destructifs.
Intégration des retours utilisateurs (diagnostiqueurs, entreprises).
Rédaction d’un cahier des charges pour un outil opérationnel.
Vous êtes titulaire d’un diplôme de niveau BAC+5, type Master 2 dans le domaine des matériaux, de la physico-chimie ou de la microbiologie, de formation scientifique ou école d’ingénieur.
Vous devrez démontrer un intérêt prononcé pour les problématiques à l’interface des matériaux, du bâtiment, de la mycologie et des techniques spectroscopiques, ainsi qu’une capacité à évoluer à l’interface entre physico-chimie et biologie.
Vous faites preuve de rigueur scientifique, d’une forte capacité de travail et d’aptitudes à collaborer avec l’ensemble des partenaires du projet.
De bonnes capacités de communication et la maîtrise de la langue française et anglaise sont requises.
Une mobilité durant la thèse sera demandée compte tenu du caractère multipartenaire du projet et des essais réalisés sur le terrain (axe 3).
Documents requis pour la candidature :
Lettre de motivation, CV, résultats académiques (M1, M2…) et références académiques ou industrielles (responsable de formation, maître de stage...).
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