Topic description
Contexte et sujet de thèse
Le transport routier demeure une source majeure de pollution atmosphérique. Alors que les émissions à l’échappement ont été significativement réduites grâce aux avancées technologiques et à l’électrification progressive des véhicules, les émissions hors échappement — incluant celles liées à l’usure des freins, de la chaussée et des pneus — sont désormais reconnues comme des sources dominantes de polluants, encore insuffisamment caractérisées. Parmi celles-ci, les particules issues de l’usure des pneus (TWP, Tire Wear Particles) constituent un mélange complexe de composés organiques, d’additifs et de métaux, émis à la fois sous forme particulaire et semi-volatile.1,2 Ces particules s’accumulent dans divers compartiments environnementaux (air, eaux de ruissellement, végétation, organismes vivants) et représentent une source importante de microplastiques et de métaux lourds, présentant des risques pour la santé humaine et écologique.
Malgré l’attention croissante portée à ces émissions, des incertitudes importantes subsistent quant à leur composition chimique, leur transformation atmosphérique et leur devenir environnemental. En particulier, l’impact du vieillissement atmosphérique sur leurs propriétés physicochimiques — telles que l’état d’oxydation, la réactivité de surface et les interactions avec l’eau — reste encore mal compris.3 Ce projet de thèse, mené en collaboration entre IMT Nord Europe et l’Université de Lille (LASIRE UMR CNRS), vise à caractériser les émissions particulaires liées à l’usure des pneus, depuis leur émission primaire jusqu’à leur évolution atmosphérique. Les objectifs sont de :
(i) développer une méthode de quantification des TWP et de certains additifs sélectionnés par pyrolyse-GC-MS
(ii) identifier des traceurs chimiques des TWP issues d’échantillons témoins et de prélèvements en conditions réelles (ex. collectés en bord de routes)
(iii) étudier les modifications de composition et de surface des TWP induites par le vieillissement
(iv) évaluer leurs propriétés hygroscopiques.
À IMT Nord Europe, les émissions issues de pneus neufs et vieillis (été, hiver et toutes saisons) seront analysées à l’aide de techniques complémentaires telles que des microchambres, TD-GC-MS, pyrolyse-GC-MS et la spectroscopie FTIR, afin de déterminer la composition moléculaire et les groupes fonctionnels. Des échantillons collectés en environnement influencé par le trafic seront étudiés afin d’évaluer la pertinence des traceurs identifiés en conditions réalistes. La teneur en métaux des TWP ainsi que leur distribution au sein des particules seront analysées par ICP-MS et à l’aide d’outils de caractérisation de surface. Au LASIRE, la morphologie des particules, leur composition élémentaire, leur degré de mélange interne et leurs caractéristiques de surface seront examinés par microscopie électronique (MEB/EDX), tandis que la résonance paramagnétique électronique (RPE/EPR) sera utilisée pour identifier les espèces radicalaires persistantes formées lors du vieillissement et pour évaluer leur rôle potentiel dans la réactivité des particules. Le projet étudiera également l’impact du vieillissement environnemental simulé et réel sur les interactions des TWP avec l’eau, afin de mieux comprendre l’évolution de leurs propriétés physicochimiques dans l’atmosphère.
Dans l’ensemble, ce travail contribuera à améliorer la compréhension mécanistique de l’usure des pneus en tant que source émergente de pollution atmosphérique urbaine et à favoriser son intégration dans les études de qualité de l’air.
Starting date
-11-01
Funding category
Public funding alone (i.e. government, region, European, international organization research grant)
Funding further details
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